mercredi 11 janvier 2012

Le mercredi on fait comme tout le monde

Ouep, le mercredi, on fait comme tout le monde. On se réveille encore fatigués de notre trop courte nuit au son du réveil-matin, on s'habille en vitesse, on réveille les enfants, on grignote une tranche de pain sur le coin du comptoir en encourageant les enfants à manger, (je dis grignoter parce que pour moi c'est une vraie torture de manger quinze minutes après mon réveil, j'ai mal au coeur). Petite tétée éclair pour le plus jeune. Ensuite on se bat avec nos trois enfants pour les changer de couches et les habiller en un temps record. Oui oui, les trois sont aux couches. Mais... Ce n'est pas fini. Il reste les manteaux, les cache-cous, les tuques, les mitaines et les bottes. Une chance que le tout petit est encore dans sa coquille (merci à l'inventeur de la pochette d'hiver qui fait en sorte que j'ai juste à lui mettre une tuque). Une fois que j'ai réussi à les habiller, ils me font un spectacle digne de Lord of the Dance pendant que j'enfile mon manteau et mes bottes en vitesse. Ensuite on ouvre la porte vers l'autre monde. Le monde extérieur. Je laisse le tout petit dans l'entrée avec les sacs (la sacoche, le sac à couches, le sac de jouets, le sac d'école et le sac à lunch) et je sors avec les deux plus vieux. Bisous à papa qui s'en va faire une heure de trafic avant d'arriver au travail.

Notre Grand Caravan nous attend dans le stationnement. J'ouvre la porte coulissante et j'embarque mes deux ti-minous. Je me dépêche à les installer dans leurs sièges pour ensuite aller chercher mon mini. Je fais un dernier voyage pour tous les sacs. Bon l'embarquement est terminé. J'ai les dents serrées et des sueurs dans le dos.

Ouf, je me place enfin au volant. Une grande respiration et on démarre. Oups, j'ai oublié de barrer la porte. Petite anecdote en passant... J'ai déjà essayé de barrer la porte de la maison avec la manette de verrouillage de l'auto. Alors, je retourne barrer la porte. Enfin on part. Je n'ai pas encore tourné le coin de la rue que ma fille a déjà enlever sa tuque, son cache-cou, ses mitaines et ses bottes. Grrr. Direction pré-maternelle, ensuite bénévolat.

Voilà, le mercredi matin, je fais du bénévolat. Comme je suis maman à la maison, c'est le seul matin de la semaine où on vit la réalité des gens qui travaillent et qui ont des enfants à préparer pour la garderie ou pour l'école. Je vous lève mon chapeau. Ce soir, j'ai demandé à l'homme de ramasser quelque chose en chemin pour le souper. J'avais envie de relaxer en fin de soirée et je me suis fait chauffer de l'eau. Il n'y a rien comme un bon thé chaud pour me détendre. J'ai attendu l'eau pendant un bon dix minutes... la bouilloire n'était pas branchée. Dur, dur de faire comme tout le monde.

Merci chéri de me permettre d'être maman à la maison. Ça change pas le monde sauf que...je peux laisser les enfants dormir le matin, je peux déjeuner quand j'ai faim, je peux rester en pyjama jusqu'à dix heures, je peux rester au chaud dans ma maison quand il fait -25, je peux relaxer au lieu de stresser, je peux faire du bénévolat et me rappeler à quel point je suis chanceuse. Merci. Là, je m'en vais faire comme tout le monde: dormir.

mardi 10 janvier 2012

Le repassage et les super-héros

Je me suis toujours tenu loin des vêtements nécessitant du repassage ou du nettoyage à sec mais...dans une autre vie, j'ai été agent de bord et j'ai porté l'uniforme. Disons le, l'uniforme ça fait de l'effet. Autant pour celui qui le porte que pour ceux qui le croise sur son passage. On se sent quasiment super-héros lorsqu'on l'enfile. Les gens nous remarquent, nous regardent, nous admirent, nous saluent. J'ai toujours pris soin de ma jupe, de mon pantalon, de ma robe et de mon veston en les envoyant religieusement chez le nettoyeur. Par contre mes blouses ne partaient jamais en garde partagée chez le nettoyeur. JE les lavais et JE les repassais. C'étaient les seuls vêtements de ma garde-robe pour lesquels je sortais ma planche et mon fer. Enfant, j'avais vu ma mère repasser méticuleusement les chemises d'habits de mon père et ça allait de soi que mes blouses de super-héros se devaient d'être impeccables.

La vie a fait en sorte que je quitte cet emploi et que je quitte l'uniforme. Finito le repassage. J'ai remisé ma planche et mon fer pendant quelques années.

Depuis quelques temps ma planche et mon fer ont repris du galon. Comme j'ai deux petits garçons et que je craque de les voir en chemises... qui dit chemises, dit repassage. Moi qui avait complètement rayé cette activité de ma trop longue liste de tâches ménagères, me voilà qui repasse des mini chemises de super-héros. À chaque fois, je pense à ma mère qui repasse encore plusieurs fois par semaine les chemises de mon père.

L'uniforme a également fait un retour dans ma vie... qui dit uniforme dit repassage. Ouep j'ai un nouvel uniforme. En étant mère à la maison, il est loin d'être obligatoire mais il se doit d'être repassé. J'ai nommé le tablier. Lorsque j'ai beaucoup de popote à faire, je sors mon tablier et il me semble que je cuisine mieux s'il est repassé. Je deviens un super-héros des casseroles. Un super-héros du fer, ça porte quel uniforme?

dimanche 8 janvier 2012

À voile

Aujourd'hui, je vous dévoile un texte coup de coeur que j'ai écrit en 2007. Il rejoint tout à fait le thème de mon blogue et c'est pourquoi je le partage avec vous.
À voile!
Pourquoi toi? Dis moi pourquoi? Le voisin, la tante, le camionneur, l’ami mais pas toi. Belle, fougueuse, intelligente, intègre et vive. Toi qui vis avec ça depuis des années. Toi qui n’as pas su sortir le fanion d’urgence. J’ai du le sortir à ta place, pour me soulager de ce poids qui me pesait sur les épaules depuis trop longtemps. À quoi bon continuer dans cette direction? Change de cap! Ajuste ta boussole ma belle. Le navire largue ses amarres et le voyage sera beaucoup plus agréable si tu changes d’azimut. Tu es dans le sprint final; celui ou tu as besoin d’énergie et de force pour arriver à bon port. Si tu ne changes pas de direction, le vent ne te sera pas favorable. En ce moment, le seul vent qui se retrouve dans ton couloir est un zéphyr; un vent de tempête. Un tourbillon qui t’entraîne de plus en plus profondément dans les méandres du désespoir. Hisse les voiles, le soleil brille et la mer est toute à toi. Tu es en train de faire le voyage de ta vie. Profites-en pleinement car le temps file. Les voyages sont toujours trop courts. La boussole est entre tes mains, à toi de trouver ton nord.

samedi 7 janvier 2012

Sur la pointe des pieds

Me voici, me voilà! Je reviens ici sur la pointe des pieds après un an d'absence et je compte bien reprendre les rênes de mon blogue. Je plonge dans l'écriture comme on chausse des vieilles pantoufles au début de l'hiver.

Dans mon dernier billet, je me souhaitais une année 2011 plus calme. Certes elle aura été plus calme mais toute aussi remplie sinon plus que 2010. C'est d'ailleurs un peu pourquoi je n'ai pas tenu promesse et que je n'ai pas publié dans la dernière année. De la broue dans le toupet vous dites?! Pendant la dernière année, mon corps était occupé à fabriquer une troisième petite merveille et ma tête était occupée à gérer, organiser, soigner, divertir, éduquer, nourrir, guider et accompagner mes deux bonheurs en couches. Mon coeur lui était occupé à aimer. Mon troisième marmot est arrivé à l'automne. Un beau petit garçon prénommé Mika a fait son entrée dans notre vie.

En fin d'année 2011, j'aurai appris que la vie est fragile. Elle peut basculer, dévier ou s'enfuir l'instant d'un clignement des yeux. Malheureusement, on a souvent tendance à l'oublier... Par chance, j'ai trois bébés qui me ramènent rapidement à l'essentiel. En ce début d'année chers lecteurs, je vous souhaite la santé, le bonheur, la paix et la sérénité.

Et bonne lecture...

jeudi 6 janvier 2011

Bilan

Me voici, me voilà! Bye bye 2010, bienvenue 2011.

Aujourd'hui, je voulais faire un petit bilan de 2010 afin de plonger complètement et sereinement dans la nouvelle année. L'année 2010 fut haute en couleurs. Un ouragan est passé dans ma vie et j'espère retrouver le calme après la tempête pour l'année 2011.

2010 en accéléré...

  • Ma poupounette fait son entrée dans notre vie à la toute fin de 2009. Une naissance difficile pour mon corps et mon âme, un accouchement qui a laissé des traces. On débute la nouvelle année avec notre nouvelle vie à quatre.

  • L'adaptation à cette nouvelle vie est ardue. Deux bébés, ce n'est pas une tasse de thé. La dépression post-partum me rattrape. J’organise mes flutes et mes proches viennent me prêter main forte. Je m’en sors sans heurt.

  • Le mois de mai arrive en nous apportant le virus de la gastro. Épisode cauchemardesque qui se termine en hospitalisation. Mes deux bébés sont sous soluté. L’image de mes enfants en petites jaquettes d’hôpital, couchés dans leurs petites bassinettes datant de l’avant-guerre va rester gravée dans ma mémoire jusqu’à mon dernier souffle. Tellement dur pour le cœur d’une mère. Prise en otage dans leur chambre, j’ai pu m’imaginer ce que les parents d’enfants gravement malades ressentent au quotidien. Depuis ce chapitre, à tous les jours, j’ai une pensée pour ces mamans et ces papas qui attendent impuissants.

  • Au mois de juin, l'homme commence une course folle contre la montre qui se prolongera tout l'été. Un gros contrat au travail. Pas de répit, il a la tête en ébullition.

  • Au mois de juillet, je plonge dans les préparatifs de nos vacances. Deux semaines sur la plage de Cayo Santa Maria à Cuba sont prévues pour le mois d'août. On va enfin se reposer.

  • Le 6 août, c'est le grand départ des voyageurs.

  • Le 9 août, mon garçon est malade. Un genre de tourista-gastro cubaine. La joie.

  • Le 10 août à 16h00 je dis oui à l'homme de ma vie dans un magnifique gazebo décoré pour l'occasion, situé sur le bord de la mer turquoise. C’est un petit mariage très intime tel que je le voulais. Un moment parfait. Une autre image gravée dans ma mémoire à tout jamais.

  • Le 20 août, c'est le retour. Mon garçon aura été malade tout le long du voyage. On a consulté le docteur de l'hôtel à trois reprises et je me suis surpassée en espagnol. On espérait se reposer et s'amuser, on revient épuisés.

  • L'automne nous rattrape et la course contre la montre continue pour mon homme. Je lui rappelle que Noël est à nos portes et que nous allons enfin nous reposer. On a quelques invitations pour le temps des fêtes mais rien de trop prenant.

  • 23 décembre: joyeux Noël Monsieur Côté! L'homme est enfin en vacances. Le bonheur. Le repos. Enfin.

  • 24 décembre premier souper de Noël chez mes parents. Il y a ma grand-mère, mes parents et nous. Une belle soirée comme on les aime, entourés des gens qu’on aime.

  • 25 décembre c'est Noël. Malgré une crise digne de la phase terrible du deux ans (merci mon ti-minou), on réussit tant bien que mal à se rendre à notre souper de Noël. On va chez des amis mais je pourrais bien dire la famille tellement je les porte dans mon coeur. C'est une très belle soirée. On s'amuse, on rit, on est heureux.

  • 26 décembre ma cocotte est malade... Madame G est chez nous pour les fêtes. Toute la famille y passe.

  • 2 janvier, on se remet tranquillement et l'homme retourne travailler le lendemain.

Finalement on tourne la page.

Quelques jours avant notre départ pour Cuba, une vieille âme m'a dit que la vie à deux était comme la mer; elle se creuse et se gonfle au gré du temps. Bien que nous voguerons main dans la main, à certains moments, il n'y aura qu'un seul doigt pour nous retenir mais nous saurons rapidement reprendre le cap.


Voilà, 2010, nous aura apporté son lot de pépins et de découragement. Pendant la tempête, j'ai réalisé à quel point j'avais un partenaire de voile extraordinaire. Solide comme le roc. J'ai également repéré les gens qui comptent; les gens vrais. Le bateau a tangué en 2010 et j'espère que la mer sera calme en 2011. Pour l'instant, je reprends le cap.

Adieu 2010



samedi 1 janvier 2011

Je reprends le flambeau

À mes lecteurs que j'ai négligés en 2010... que 2011 vous apporte la santé, le bonheur, la folie et la sérénité. Oh et restez à l'affût, plusieurs articles feront leur apparition sous peu.

Bonne année

mardi 11 mai 2010

Les seins

Je vous le concède, j'ai négligé mon blog. Il s'est écoulé exactement un mois depuis mon dernier billet. En échange d'un aveux, vous allez me pardonner? Je dois vous confier que j'alimente mon blog à raison de 3 ou 4 lignes pendant que je donne le sein à Poupounette. L'allaitement, c'est inspirant!

Aujourd'hui, je vous parle de mes seins. Oui, oui vous avez bien lu. Sans gêne, je pourrais même vous dire que c'est la partie de mon corps que je préférais. J'aimais leur fermeté et leur grosseur et je m'amusais à acheter des petits hauts qui les mettaient en valeur. J'étais fière de mes seins. Voilà pour la grande déclaration!

Un jour vint la maternité avec tous les changements qu'elle apporte. Dès les premières semaines de grossesse, mes seins ont grossi, mes mamelons ont foncé et mon ventre s'est gonflé. À cette époque, je devais prendre le train à tous les matins pour aller travailler et pendant le trajet, je fermais les yeux pour rêvasser à ma future vie de maman. J'imaginais la première tétée avec mon petit bébé fraîchement sorti de son cocon. Je me plaisais à créer et recréer les traits de son visage et de ses petits yeux. J'avais si hâte au moment où nos regards allaient se croiser pour la première fois. J'espérais pouvoir allaiter longtemps car pour moi, l'allaitement allait de pair avec la maternité. Jamais il m'était venu à l'idée de donner le biberon; c'était viscéral, mes seins allaient servir. Je voulais faire comme toutes ces femmes qui depuis la nuit des temps avaient elles aussi donné le sein à leurs poupons.

En faisant des recherches afin de m'outiller pour cette grande aventure, j'ai constaté à quel point l'information n'était pas facilement accessible. C'est en m'inscrivant sur un forum de discussion et en lisant les témoignages de plusieurs mères que j'ai appris les bases de l'allaitement. Certaines de ces mamans étaient marraines d'allaitement, d'autres avaient plusieurs enfants et la grande majorité étaient à leurs débuts. Une de ces mamans a marqué mon parcours. De par ses écrits, elle m'a fait cheminer et j'ai compris que l'aventure de l'allaitement ne se résumait pas à donner le sein. Suite à mes nombreuses lectures, j'en suis venue à me questionner. Pourquoi je tenais tant à allaiter mes enfants? Pourquoi ce besoin de nourrir mon bébé au sein? Pour le côté pratique? Pour la santé de mon bébé? Rien de tout ça. Très égoïstement, je voulais allaiter pour moi. L'allaitement était selon moi le seul moyen de prolonger la relation d'intimité et de proximité qui s'installe entre la mère et son bébé pendant la grossesse. Donner le sein me permettrait de conserver ce lien unique et fusionnel. Ce lait que mon corps fabriquait afin de nourrir mon bébé n'était en fait que le début d'un long périple.

Aujourd'hui, j'en suis à mon deuxième allaitement et je compte parmi les chanceuses qui n'ont pas rencontré d'embûches pendant leur parcours. Après quinze mois de tétées, je peux dire que l'allaitement va bien au delà du sein nourricier. Certes mes seins ont changé. Ils sont plus gros, plus mous, ils ont perdu leur fermeté et leur galbe mais je m'en balance. Je m'en fou car il n'y a rien qui peut remplacer la chaleur d'un petit corps chaud blotti contre soi, des petits yeux qui nous cherchent et qui croisent les nôtres, les petits bruits de succion, la respiration qui s'accélère à la venue du lait, le son des gorgées de lait qui descendent jusqu'au bedon, la petite main sur le sein, un éclat de rire avec le mamelon en bouche et l'ultime goutte de lait qui coule au coin des lèvres d'un bébé endormi; voilà les joies de l'allaitement.

Mercredi dernier, j'étais présente au lancement du livre Bien vivre l'allaitement écrit par Annie Desrochers et Madeleine Allard. Annie est celle que j'ai croisé sur un forum à mes tous débuts. À l'époque elle avait su me guider et me donner confiance. Aujourd'hui, elle et son amie Madeleine nous offre un livre qui est un phare pour toutes celles qui désirent allaiter, un guide que j'aurais adoré lire dans le train lorsque j'étais enceinte de mon garçon. Depuis que je l'ai entre les mains, je le découvre page par page en donnant le sein à ma fille. Un gros merci à Annie et Madeleine, deux mamans qui ont fait un travail colossal afin de nous offrir un guide sans pareil.