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jeudi 22 mars 2012

Silence radio

Ouf, me revoilà. Vous avez eu droit à un silence radio. J'en suis désolée. Pour souligner mon retour, je vous offre un petit billet pêle-mêle.

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L'été nous a volé l'hiver sans passer par le printemps. J'attends encore la dernière tempête et je n'ai toujours pas fait ma visite annuelle à la cabane à sucre. Bien que je profite au max de cette superbe température, j'envie nos quatre saisons d'autrefois. Dans le temps où on avait des entre deux pour nous faire languir et pour nous faire apprécier la venue d'une autre saison.

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J'ai eu trente ans pendant mon silence radio. Trente ans. 30 ans. Ouf, bien que certains me diront que je suis une petite jeunesse et que j'ai la vie devant moi, je l'ai pris de travers ce passage obligé. Je l'avoue, j'ai profité de mon silence radio pour faire une petite remise en question et une petite déprime. Pendant les cinq dernières années, j'ai fait le tour de l'Everest plusieurs fois en montagnes russes. Mon anniversaire était l'occasion pour moi de faire une pause. Je ne cherchais pas à régler mes anciens et nouveaux démons, je ne voulais pas chasser mes petites bibittes qui cohabitent si bien dans ma tête; je voulais tout simplement prendre un peu de recul pour me questionner et m'observer. Très intéressant comme analyse.

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Mon grand garçon. Celui qui m'a fait maman pour la première fois. Celui qui me confronte à mes limites. Celui qui m'amène souvent au bord du gouffre. Celui qui fait chavirer mon coeur d'un regard en coin. Celui pour qui mon calendrier est rempli de rendez-vous. Celui pour qui ma job de maman à la maison est essentielle. Celui qui m'en apprend le plus sur moi-même. Celui là. 

Ma petite cocotte. Celle qui in-utéro nous faisait déjà des peurs. Celle qui le jour J a décidé de se tourner et de sortir par un trou différent, un trou que je ne voulais pas. Celle qui est la deuxième maman de la maison. Celle que j'apprends à découvrir les rares fois où je suis seule avec elle. Celle qui a du caractère et qui sait ce qu'elle veut. Celle qui est tellement belle que mon coeur craque à chaque fois que je la regarde. Celle là.   

Mon petit bébé. Celui qui m'a fait vivre le plus bel accouchement qui soit. Celui qui m'a réconcilié avec la venue au monde de sa soeur. Celui qui ne prend pas de place. Celui qui a lu le mode d'emploi pour bébé lorsqu'il était dans mon ventre tellement il est parfait. Celui qui n'est pas pressé de manger comme s'il voulait prolonger le lien unique que l'allaitement exclusif nous procure. Celui qui termine probablement notre famille. Celui qui passe souvent le dernier. Celui qui ne sait pas pleurer et qui est tout sourire. Celui là.

Mon homme. Celui qui est entré dans ma vie à la vitesse grand V. Celui qui me connait mieux que quiconque. Celui qui s'oublie pour nous. Celui qui me donne un sacré coup de main dans la maisonnée. Celui qui m'aime malgré mes petits et grands travers. Celui qui est toujours là. Celui qui est un père extraordinaire. Celui qui est mon complice. Celui qui me fait l'immense cadeau d'ouvrir son coeur trop longtemps emprisonné dans une carapace. Celui pour qui j'ai encore des papillons. Celui que j'aime. Celui là.

Moi. Celle qui fait de son mieux. Celle qui en fait parfois trop. Celle qui prend tout à coeur. Celle qui se découvre un peu plus à tous les jours. Celle qui exige trop d'elle même et des autres. Celle qui s'oublie pour ceux qu'elle aime. Celle qui est fière de ses choix et de son parcours. Celle qui est fragile comme une fleur. Celle qui veut être aimée. Celle qui se sous-estime. Celle qui cours toujours après le temps. Celle qui apprécie les petits plaisirs de la vie. Celle qui est parfaitement imparfaite. Celle qui apprend à s'aimer petit à petit. Celle qui aime ceux là un peu plus qu'hier et un peu moins que demain. Celle là.

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mardi 7 février 2012

Uniques

Qui n'aime pas la sauce à spaghetti? Synonyme de réconfort familial, elle a un côté thérapeutique. Quand j'ai une mauvaise journée, je fais du spag pour souper. À tous coups, ça remonte le moral des troupes. Comme j'ai toujours de la sauce au congélo, c'est un repas facile et rapide à préparer. Un petit tour de four micro-onde, des pâtes al dente et on est en business. Si je veux vraiment faire plaisir à mon homme, j'accompagne le tout de pain à l'ail maison.

Lorsque j'ai rencontré mon homme et qu'il a goûté à ma sauce à spaghetti pour la première fois, il m'a gentiment fait comprendre qu'il ne l'aimait pas. Il m'a proposé d'essayer la recette de sa mère. Insulte ultime. Je lui ai dit qu'il devrait la faire lui même s'il voulait manger la sauce de sa moman. Mon homme qui est aussi à l'aise dans une cuisine qu'un poisson hors de l'eau a entrepris de faire la fameuse recette de belle-maman. Il a coupé des légumes pendant deux heures et il a ensuite maladroitement mesuré, mélangé, humé et goûté. Six heures plus tard, nous avons finalement dégusté LA sauce. À ma grande surprise, elle était écoeurante! Depuis ce jour, je fais la sauce de belle-maman. Au début je la faisais en bougonnant question de conserver ma dignité de cuisinière mais ça n'a pas duré. J'ai appris à la découvrir en même temps que je découvrais l'homme de ma vie.

Tout congélateur qui se respecte a un stock de sauce à spag. En fin de semaine, j'ai constaté que notre réserve était à sec. Inacceptable. Je deviens nerveuse lorsqu'on n'a plus de sauce. Elle est ma sécurité, ma bouée de sauvetage. Elle est mon dix cent lorsque j'ai besoin de me tourner de bord. J'ai donc enfilé mon uniforme et j'ai préparé deux batches de sauce. Tant qu'à en faire, on en fait pour la peine. Au menu pour souper, il y avait du spaghetti et comme au premier jour, la sauce était écoeurante.

Ce que mon mari ne sait pas... c'est que je change la recette à chaque fois. J'ajoute, j'enlève, j'oublie, j'improvise, je m'amuse. Si un jour mes garçons disent à leurs copines que leur mère fait la meilleure sauce au monde, je serai bien embêtée de donner ma recette. Les recettes de nos mères sont uniques parce qu'elles goûtent l'amour. C'est ça la recette!


jeudi 26 janvier 2012

Balales

Comme dirait mon grand garçon, nous sommes balales. Tous balales. Rien de bien grave mais juste assez pour nous amocher et nous faire passer une tonne de mouchoirs. J'ai les yeux rougis, la goutte au nez et la tête lourde. Je me coucherais en petite boule dans mon lit avec un bon livre, je m'étendrais sur le divan et je regarderais plusieurs films que je n'ai jamais le temps de visionner, je prendrais des bains chauds, je dormirais une bonne partie de la journée, je me laisserais soigner par mon homme... Mais, je suis une maman et une maman c'est garanti 365 jours par année. Beau temps, mauvais temps, balale pas balale, je suis maman.

Qu'est-ce qu'elle fait la maman malade? Elle ferme la porte à double tour, elle dit à ses petits malades de rester en pyjama, elle les prend dans ses bras, elle fait de la bonne soupe au poulet, elle fait des tournées de chocolats, elle fait ce qu'elle peut. Malgré nos nez qui coulent, nos voix enrouées, nos muscles endoloris, nos têtes prêtes à exploser, nos yeux larmoyants et nos gorges irritées, la vie est belle.

Tantôt, ma maman est venue me voir pour me donner un petit coup de main. Parce qu'une maman c'est là 365 jours par année, beau temps, mauvais temps, balale pas balale.

Merci maman

mardi 17 janvier 2012

Au Temple de la renommée

Pompiers, ambulanciers, policiers. Il n'en fallait pas plus pour faire plaisir à mes deux petits trésors. Ce n'est pas à tous les jours qu'on a droit à deux camions de pompiers, une ambulance, une fourgonnette de premiers répondants et une voiture de police devant la porte.

En faisant une petite randonnée de ski de fond dans la forêt derrière chez moi, un homme d'un certain âge a eu un malaise. Un gentil monsieur l'a trouvé étendu dans la neige dans un piteux état et il est venu sonné à ma porte pour que j'appelle les renforts.

En attendant les secours, j'ai expliqué aux enfants ce qui se passait. Les yeux gros comme des deux piastres mes petits ont observé la dizaine de pompiers et les deux ambulanciers remonter le sentier jusqu'au skieur. Pour l'occasion, mes petits ont eu la permission de se mettre debout sur leur table de bricolage afin d'avoir une meilleure vue de la scène. Alors là, l'excitation était à son comble; de un, les pompiers étaient dans notre cour et de deux, ils enfreignaient une règle de la maison avec le consentement de maman. Les pompiers étaient rendus loin dans la forêt. Tellement loin que les petits yeux se faisaient encore plus petits pour mieux voir. L'attente était longue avant le retour des renforts. Par la porte patio, on a vu les pompiers revenir tranquillement avec le traîneau-civière. Les héros du jour avaient réussi à extirper le vieillard du bois.

Les enfants se sont vites dirigés vers l'avant de la maison pour observer la suite. Les cris fusaient de toutes parts lorsque j'ai ouvert la porte et qu'ils ont vu les véhicules de secours. Je courais du salon à la porte d'entrée pour couvrir tous mes petits. Tuque de laine et doudou chaude pour le petit dernier qui pour une fois avait le salon et la télé pour lui seul. Manteau d'homme en feutre carreautée rouge et noir, tuque mauve et foulard rose pour ma petite. Veste de laine brune ornée d'un collet de fourrure pour mon grand et sur la tête, une tuque lignée rouge et bleu pour couronner le tout. Dans l'urgence de la situation, je leur ai enfilé les premiers trucs qui me sont tombés sous la main. Un style digne des plus grandes parades de mode. Pour mes enfants, c'était le cadet de leurs soucis. Un à un les véhicules sont partis. J'ai tenté à plusieurs reprises de fermer la porte mais les enfants on monté la garde jusqu'à ce qu'il ne reste plus de trace de l'intervention.

On ne saura jamais ce qui est advenu du skieur mais je sais qu'en cette froide journée d'hiver, le vieillard du boisé vient de faire son entrée dans notre histoire familiale. Un peu comme on entre au Temple de la renommée.


mercredi 11 janvier 2012

Le mercredi on fait comme tout le monde

Ouep, le mercredi, on fait comme tout le monde. On se réveille encore fatigués de notre trop courte nuit au son du réveil-matin, on s'habille en vitesse, on réveille les enfants, on grignote une tranche de pain sur le coin du comptoir en encourageant les enfants à manger, (je dis grignoter parce que pour moi c'est une vraie torture de manger quinze minutes après mon réveil, j'ai mal au coeur). Petite tétée éclair pour le plus jeune. Ensuite on se bat avec nos trois enfants pour les changer de couches et les habiller en un temps record. Oui oui, les trois sont aux couches. Mais... Ce n'est pas fini. Il reste les manteaux, les cache-cous, les tuques, les mitaines et les bottes. Une chance que le tout petit est encore dans sa coquille (merci à l'inventeur de la pochette d'hiver qui fait en sorte que j'ai juste à lui mettre une tuque). Une fois que j'ai réussi à les habiller, ils me font un spectacle digne de Lord of the Dance pendant que j'enfile mon manteau et mes bottes en vitesse. Ensuite on ouvre la porte vers l'autre monde. Le monde extérieur. Je laisse le tout petit dans l'entrée avec les sacs (la sacoche, le sac à couches, le sac de jouets, le sac d'école et le sac à lunch) et je sors avec les deux plus vieux. Bisous à papa qui s'en va faire une heure de trafic avant d'arriver au travail.

Notre Grand Caravan nous attend dans le stationnement. J'ouvre la porte coulissante et j'embarque mes deux ti-minous. Je me dépêche à les installer dans leurs sièges pour ensuite aller chercher mon mini. Je fais un dernier voyage pour tous les sacs. Bon l'embarquement est terminé. J'ai les dents serrées et des sueurs dans le dos.

Ouf, je me place enfin au volant. Une grande respiration et on démarre. Oups, j'ai oublié de barrer la porte. Petite anecdote en passant... J'ai déjà essayé de barrer la porte de la maison avec la manette de verrouillage de l'auto. Alors, je retourne barrer la porte. Enfin on part. Je n'ai pas encore tourné le coin de la rue que ma fille a déjà enlever sa tuque, son cache-cou, ses mitaines et ses bottes. Grrr. Direction pré-maternelle, ensuite bénévolat.

Voilà, le mercredi matin, je fais du bénévolat. Comme je suis maman à la maison, c'est le seul matin de la semaine où on vit la réalité des gens qui travaillent et qui ont des enfants à préparer pour la garderie ou pour l'école. Je vous lève mon chapeau. Ce soir, j'ai demandé à l'homme de ramasser quelque chose en chemin pour le souper. J'avais envie de relaxer en fin de soirée et je me suis fait chauffer de l'eau. Il n'y a rien comme un bon thé chaud pour me détendre. J'ai attendu l'eau pendant un bon dix minutes... la bouilloire n'était pas branchée. Dur, dur de faire comme tout le monde.

Merci chéri de me permettre d'être maman à la maison. Ça change pas le monde sauf que...je peux laisser les enfants dormir le matin, je peux déjeuner quand j'ai faim, je peux rester en pyjama jusqu'à dix heures, je peux rester au chaud dans ma maison quand il fait -25, je peux relaxer au lieu de stresser, je peux faire du bénévolat et me rappeler à quel point je suis chanceuse. Merci. Là, je m'en vais faire comme tout le monde: dormir.

jeudi 6 janvier 2011

Bilan

Me voici, me voilà! Bye bye 2010, bienvenue 2011.

Aujourd'hui, je voulais faire un petit bilan de 2010 afin de plonger complètement et sereinement dans la nouvelle année. L'année 2010 fut haute en couleurs. Un ouragan est passé dans ma vie et j'espère retrouver le calme après la tempête pour l'année 2011.

2010 en accéléré...

  • Ma poupounette fait son entrée dans notre vie à la toute fin de 2009. Une naissance difficile pour mon corps et mon âme, un accouchement qui a laissé des traces. On débute la nouvelle année avec notre nouvelle vie à quatre.

  • L'adaptation à cette nouvelle vie est ardue. Deux bébés, ce n'est pas une tasse de thé. La dépression post-partum me rattrape. J’organise mes flutes et mes proches viennent me prêter main forte. Je m’en sors sans heurt.

  • Le mois de mai arrive en nous apportant le virus de la gastro. Épisode cauchemardesque qui se termine en hospitalisation. Mes deux bébés sont sous soluté. L’image de mes enfants en petites jaquettes d’hôpital, couchés dans leurs petites bassinettes datant de l’avant-guerre va rester gravée dans ma mémoire jusqu’à mon dernier souffle. Tellement dur pour le cœur d’une mère. Prise en otage dans leur chambre, j’ai pu m’imaginer ce que les parents d’enfants gravement malades ressentent au quotidien. Depuis ce chapitre, à tous les jours, j’ai une pensée pour ces mamans et ces papas qui attendent impuissants.

  • Au mois de juin, l'homme commence une course folle contre la montre qui se prolongera tout l'été. Un gros contrat au travail. Pas de répit, il a la tête en ébullition.

  • Au mois de juillet, je plonge dans les préparatifs de nos vacances. Deux semaines sur la plage de Cayo Santa Maria à Cuba sont prévues pour le mois d'août. On va enfin se reposer.

  • Le 6 août, c'est le grand départ des voyageurs.

  • Le 9 août, mon garçon est malade. Un genre de tourista-gastro cubaine. La joie.

  • Le 10 août à 16h00 je dis oui à l'homme de ma vie dans un magnifique gazebo décoré pour l'occasion, situé sur le bord de la mer turquoise. C’est un petit mariage très intime tel que je le voulais. Un moment parfait. Une autre image gravée dans ma mémoire à tout jamais.

  • Le 20 août, c'est le retour. Mon garçon aura été malade tout le long du voyage. On a consulté le docteur de l'hôtel à trois reprises et je me suis surpassée en espagnol. On espérait se reposer et s'amuser, on revient épuisés.

  • L'automne nous rattrape et la course contre la montre continue pour mon homme. Je lui rappelle que Noël est à nos portes et que nous allons enfin nous reposer. On a quelques invitations pour le temps des fêtes mais rien de trop prenant.

  • 23 décembre: joyeux Noël Monsieur Côté! L'homme est enfin en vacances. Le bonheur. Le repos. Enfin.

  • 24 décembre premier souper de Noël chez mes parents. Il y a ma grand-mère, mes parents et nous. Une belle soirée comme on les aime, entourés des gens qu’on aime.

  • 25 décembre c'est Noël. Malgré une crise digne de la phase terrible du deux ans (merci mon ti-minou), on réussit tant bien que mal à se rendre à notre souper de Noël. On va chez des amis mais je pourrais bien dire la famille tellement je les porte dans mon coeur. C'est une très belle soirée. On s'amuse, on rit, on est heureux.

  • 26 décembre ma cocotte est malade... Madame G est chez nous pour les fêtes. Toute la famille y passe.

  • 2 janvier, on se remet tranquillement et l'homme retourne travailler le lendemain.

Finalement on tourne la page.

Quelques jours avant notre départ pour Cuba, une vieille âme m'a dit que la vie à deux était comme la mer; elle se creuse et se gonfle au gré du temps. Bien que nous voguerons main dans la main, à certains moments, il n'y aura qu'un seul doigt pour nous retenir mais nous saurons rapidement reprendre le cap.


Voilà, 2010, nous aura apporté son lot de pépins et de découragement. Pendant la tempête, j'ai réalisé à quel point j'avais un partenaire de voile extraordinaire. Solide comme le roc. J'ai également repéré les gens qui comptent; les gens vrais. Le bateau a tangué en 2010 et j'espère que la mer sera calme en 2011. Pour l'instant, je reprends le cap.

Adieu 2010



dimanche 18 avril 2010

Le plus fort...

Je ne vous ai jamais parlé de mon père... Le premier homme de ma vie. J'ai vécu mon premier chagrin d'amour le jour où j'ai compris que je ne me marierais pas avec lui. Lorsque j'étais petite, mon père m'invitait parfois à souper au buffet chinois. Dans ma tête, c'était une soirée d'amoureux. Je demandais alors à ma mère de sortir ma plus belle robe et de coiffer mes cheveux. J'aimais me faire coquette pour mon prince charmant. Mon père réussissait toujours à me faire sentir importante. À ses côtés, j'ai grandi et j'ai appris. De la peinture à l'aménagement paysager, de l'esthétique automobile à la magie, mon père m'éblouissait. Et il m'éblouit toujours.

Aujourd'hui âgé de 62 ans, il n'est pas seulement un père extraordinaire, il est aussi un grand-père exceptionnel. Retraité depuis peu, il partage mon quotidien en venant me donner un coup de main avec mes petits amours. Il arrive à la maison comme un vent de fraicheur en cognant deux petits coups à la porte. On jase, on prend un café, on joue avec les enfants; c'est toujours simple avec mon père. Il est toujours prêt à m'aider pour les rendez-vous chez le doc, l'entretien de la cours arrière, la construction du sous-sol ou pour garder mon ti-minou. Mes journées sont tellement plus faciles lorsque mon père est là. Ses visites quotidiennes sont d'une valeur inestimable. Mon père m'a longtemps fait croire qu'il était magicien. Du haut de mes 28 ans, je sais maintenant qu'à sa façon, il a toujours su mettre de la magie dans ma vie. À tous les jours, il réussi à mettre des étincelles dans les yeux de mon garçon lorsque celui-ci entend la porte d'entrée s'ouvrir et qu'il voit son papi entrer. Il réussi à lui faire dire de sa petite voix de bébé:"Il est là". En faisant pleins de folies, il réussi à tirer des belles risettes de ma poupounette. Ces moments magiques me plongent dans mes souvenirs d'enfance. Je me revois toute petite lorsque mon père revenait du bureau; j'avais les même étincelles dans les yeux. Ce magicien, c'est mon papa. Aujourd'hui et pour toujours, le plus fort c'est mon père.

Merci d'être là papa. Je t'aime xxx


Un jour, je vous parlerai de ma mère... à suivre...

mercredi 17 mars 2010

Le moulin

Ma grand-mère Thérèse, affectueusement appelée Mémé, a 82 ans. Elle quittera au mois de juillet son appartement des 18 dernières années pour aller habiter dans un centre pour personnes âgées autonomes. Malheureusement, elle doit se départir de plusieurs objets qui lui tiennent à coeur et c'est lors d'une visite chez elle qu'elle m'a confié le plus précieux d'entre eux: son moulin à coudre. Une machine en fonte comme il ne s'en fait plus aujourd'hui.

Le 14 février dernier, nous sommes allés lui rendre visite. À peine arrivés, elle nous faisait déjà les éloges de la bête qu'elle avait soigneusement astiquée et cirée afin de nous la présenter. Une fois assise devant son moulin, ma grand-mère nous a raconté son histoire...

Elle a acheté son moulin vers la fin des années 50 à une dame qui avait besoin d'argent pour nourrir sa famille. Pour la somme de 45$, ma grand-mère venait de trouver son trésor. Mémé ne savait pas coudre, ou à peine. Seule, elle a démystifié la bête et a appris à coudre sur le tas. Cette femme n'a jamais été une grande couturière mais elle a su se débrouiller pour confectionner des petits trucs à petits prix. Jupes, blouses, robes, rideaux, tabliers, jarretières, bords de pantalons, costumes d'Halloween, bas de Noël... Son moulin en a cousu du tissu. Ma grand-mère est passée maître dans l'art de transformer les vieux vêtements afin d'en créer des nouveaux ou simplement de les relooker. Récupération, économie, création, passion; comme elle me l'a si bien dit, son moulin était son seul désennui. Étant mère à la maison d'une famille très pauvre, elle courait les ventes de fins de coupons afin de trouver des beaux tissus. Grâce à ses trouvailles elle confectionnait des vêtements uniques et personnalisés à ses trois filles.

À travers les années, malgré son seul point, son moulin ne l'a jamais déçu. Elle s'est accommodée de son unique particularité, soit un gros bouton "reverse" que ma grand-mère aime tant pour "tacker" les coutures. Ses enfants ont grandi et ma grand-mère a vieilli. Les années filaient et le moulin était toujours en service. Un rideau, une petite robe de soleil, un bord de pantalon; il y avait toujours un peu de couture dans le quotidien de ma grand-mère.

De fil en aiguille, sa plus vieille s'est mariée et a eu une fille. À peine âgée de 5 ans, la petite grimpait sur les genoux de sa Mémé afin de coudre au moulin elle aussi. Quel privilège! Puis à son tour, la petite fille a grandi et elle est devenue mère. Et c'est ainsi que par une belle journée du mois de février, Mémé a solennellement donné son moulin à sa petite fille en lui faisant promettre d'en prendre bien soin.

Cette petite fille c'est moi! Ce jour là, j'ai quitté ma grand-mère le coeur léger. Ma Mémé a 82 ans et bien qu'elle soit en forme, je sais qu'elle ne sera pas parmi nous encore bien longtemps. Lors de cette visite, elle m'a légué ce qu'elle avait de plus précieux. À son décès, ses enfants se partageront son héritage; ses avoirs et ses biens. Moi j'ai son moulin.

Je sais bien que l'on doit dire une "machine" à coudre mais en l'honneur de ma grand-mère, je ne débaptiserai jamais son "moulin".


Je t'aime Mémé